L'archéologie, bien loin des films d'aventure
- Lory-Ann Amyot
- il y a 1 jour
- 3 min de lecture
L’archéologie est un métier largement représenté dans le cinéma démontrant des protagonistes aventuriers et explorateurs à sang froid qui sont embarqués dans des missions pour retrouver des artéfacts longtemps perdus et les récupérer des mains des méchants.

En réalité, comme vous pouvez vous en douter, le vrai métier d’archéologue, ce n’est pas vraiment cela. L’archéologie, contrairement à l’image populaire que l’on s’en fait, n’est pas de trouver de mystérieux objets disparus ou de déterrer les os de dinosaures : ce dernier est le rôle du paléontologue. L’archéologie se rapproche davantage de l’histoire et de l’anthropologie puisqu’elle s’intéresse aux sociétés humaines du passé.
Une science pour comprendre les sociétés du passé
En effet, c’est bel et bien une science humaine puisque son but est d’étudier les objets laissés par les sociétés du passé pour comprendre qui ils étaient vraiment, comment ils vivaient, comment ils s’organisaient et mangeaient, etc.
Par exemple, des études sont réalisées dans les dépotoirs préhistoriques contenant des restes alimentaires, soit des os d’animaux. Avec ces analyses, il est possible de comprendre les méthodes d’élevage utilisées, la quantité de viande (calories) consommée par personne et donc d’estimer un nombre minimal d’individus dans un même groupe, ainsi que d’observer les techniques de boucherie et les parties de l’animal qui ont été utilisées.
Toutes ces données serviront à voir et à comprendre les conditions dans lesquelles vivaient les différentes sociétés à leur époque, ainsi que le climat régional ou encore les difficultés liées à l’alimentation.
Une discipline aux multiples spécialités

Mais encore, l’archéologie ce n’est en rien que cela. Non, c’est un domaine multidisciplinaire qui travaille avec des technologies et méthodes empruntées aux autres sciences comme la dendrochronologie (datation des arbres), la géographie ou la pédologie (formation des sols).
Ainsi, un archéologue n’est pas seulement qu’un archéologue : il doit se spécialiser dans un domaine, ou deux, précis. Les spécialisations les plus courantes sont la céramique, l’environnement, les métaux et alliages, les insectes, les ossements, les outils de pierre, etc. Toutes ces expertises font partie de l’archéologie tant que l’objectif final de ces études est de comprendre l’humain derrière les objets.
Une histoire qui remonte bien avant la colonisation européenne

L'archéologie au Québec est très prospère, plus qu’on ne pourrait l’imaginer. L’Histoire du Québec et du Canada ne commence pas seulement à la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb en 1492. Elle débute bien avant, à la fin de la dernière ère glaciaire, lorsque le recul des glaciers a libéré un corridor terrestre au détroit de Béring.
Cela a permis le déplacement de populations de l’ouest de l’Asie vers l’Amérique il y a environ 12 000 à 13 000 ans, comme l’ont démontré les découvertes réalisées dans la région de Mégantic. En effet, sur le site de Cliche-Rancourt, les archéologues ont mis au jour des pointes à cannelure associées à la tradition Clovis estimées à 12 400 et 11 800 ans avant aujourd’hui précisément.
Et Sainte-Brigitte-de-Laval dans tout ça?
Ainsi, malgré l’arrivée des premiers Irlandais à Sainte-Brigitte-de-Laval vers 1830 et la fondation de la paroisse en 1863, il est fort probable que le territoire ait été une zone de passage ou d’occupation bien antérieure et que certaines traces, ayant résisté au temps, soient encore présentes aujourd’hui. Il est vrai qu’en 2004, des archéologues de l’université du Québec à Chicoutimi ont identifié un site préhistorique dans la Réserve faunique des Laurentides.
Les fouilles de 2006 qui ont suivi ont permis de conclure que le site fut brièvement occupé par un groupe en déplacement ce qui coïncide avec l’usage de la rivière Montmorency comme voie de déplacement vers les terres situées en hauteur du lac Jacques-Cartier. Il n’est pas improbable que des sites de brève occupation comme celui-ci se trouvent également à Sainte-Brigitte-de-Laval puisqu’une occupation autochtone était présente sur le territoire par les Innus-Montagnais. Je vous renvoie à l’article d’Alain Marcoux Présence autochtone sur le territoire de Sainte-Brigitte-de-Laval.
Tout cela pour vous rappeler que si vous trouvez des artéfacts, des objets anciens ou inhabituels dans votre jardin, n’hésitez pas à nous en faire part à la Société d’histoire de Sainte-Brigitte-de-Laval.
Nous pourrons ainsi les documenter et contribuer à préserver ces précieux témoins de notre histoire collective.
Â